Articles

539 - 44 Bandits.

Image
 Le lendemain, on quitte le château. Je ne garde qu’un bon souvenir de cet endroit : le repas du soir. Pour le petit déjeuner on a reçu du pain, de la confiture et de l’eau. Quand on a fini, un soldat nous dit : — Corvée de feuillée les filles. Pppfff, fait chier ! Oui, c’est grossier, mais c’est le cas de le dire. On est à nouveau enchaînées et on va dans un bois loin du château comme le baron l'a ordonné. On n’a que trois pelles et on est enchaînées… De plus, le sol est plein de racines, c’est presque impossible de creuser dans ces conditions. L’officier s’en rend compte et nous dit : — Faites sur le sol, toutes ensemble. Oui… euh… vingt filles accroupies et qui poussent, il va se régaler le peintre. En ce qui concerne le Baron, c’est bien fait : on va souiller son blason, je veux dire sa forêt. L’idée me plaît. On « fait » toutes… sauf deux filles. Le garde va aussitôt « rapporter » à l’officier. Il revient avec un clystère… Le peintre et l’écrivain sont ravis. Deux rangées de f

538 - 43 Un château et des mouches.

Image
 Le peintre et l’écrivain sont au travail. Les soldats enlèvent nos colliers et nos chemises propres… Le Baron dit : — Les amis, on baise ces demoiselles, ensuite nous irons manger, puis on les re-baise. Rires de ces Messieurs. Vu leur moyenne d'âge, s’ils doivent nous baiser deux fois, il va y avoir des morts ! La pièce est éclairée par de nombreux chandeliers, il y a des canapés et des fauteuils. Le Baron poursuit : — Pour commencer, on boit une coupe de champagne, puis les filles nous feront un spectacle. Je ne retiens que les mots « coupe de champagne ». Des servantes viennent nous servir. Elles sont plutôt mignonnes dans le genre filles de la campagne aux joues rouges. Ils pourraient jouer avec elles, alors pourquoi nous ? Le Baron nous dit : — Même vous, vous avez droit à une coupe champagne. Oh mon Dieu, est-ce possible ? Quelle générosité : une coupe chacune. J’espère qu’il ne sera pas obligé de vendre son château. N’empêche, on boit « notre » coupe avec plaisir. C’est bon,

Lizy - 42 De ferme en ferme.

Image
Il n’y a pas de bougies dans la grange et il commence à faire vraiment sombre. Un soldat nous montre des seaux en disant : — Pisser dans les seaux, demain il y aura des feuillées… N’allez pas dehors, il y a des chiens. Ils sortent tous. Dès qu’ils sont partis, je vais près d’Ariane, je n’ose pas trop me coller à elle. Je lui dis : — Je ne suis pas fraîche, je peux venir près de toi ? — Mais oui. Tu te rends compte qu’un des types écrit notre histoire et l’autre nous dessine ? — Euh… oui, mais… tu crois que c’est une bonne chose ? — Oui, on ne sera pas maltraitées. Il faut qu’on reste jolies pour les dessins du peintre. — J’espère… Dis, tu crois qu’on pourra se laver ? Elle rit et répond : — Tu n’aimes pas mon odeur ? — Oh si, la tienne, oui… Mais moi, je transpire tellement... c’est si dur ce qu’on fait. — On ne pue pas si on ne se lave pas pendant deux ou trois jours. Et puis ce qu’on fait n’est pas si dur que ça. Si on devait faire 10 lieues par jour, là, on serait crevées. On sera l

Lizy - 41 On marche.

Image
 On retourne à Saint-Lazare. On gémit toutes, sauf Ariane et quelques autres filles dépourvues de… système nerveux. Il y a deux seaux remplis d’une pâte grisâtre. Une fille nous dit :  — Il faut en mettre sur les marques au fer rouge.  On s’aide toutes à le faire. Il y a une autre chef parmi les filles. Elles se connaissent, normal entre chefs. Ariane va lui présenter sa fesse, puisqu’elle a déjà la marque sur l’omoplate. Je suis derrière elle, quasiment son ombre, comme aurait dit Logre. La fille met de la pâte sur mes deux marques. D’abord ça « pique », puis ça soulage. Je dis à Ariane : — Sans toi, je serais déjà morte. Elle rit et elle me demande : — De peur ? — Ouiiiii ! S’il te plaît, je ferai tout ce que tu voudras, mais laisse-moi rester avec toi. — Mais oui, Lizy, tu seras ma femme de chambre. — Même ton esclave. Elle lève un peu les yeux au ciel, mais ça l’amuse… D’accord, j’ai peur et puis j’ai trop d’imagination et je crains toujours le pire… euh… ici pas besoin d’imaginer

Lizy - 40 Place de Grève.

Image
Je dois toujours obéir à t out le monde, y compris aux servantes. Ça plaît à Florence, mais, ce matin, je n’ai plus de corvées, j’écris. J’ai tout le matériel de l’écrivain : papier, plume, encre… même un verre et une carafe. Bien sûr, je n’ai pas de servantes à ma disposition, mais je vais me rendre indispensable. J’écris quoi ? Euh… le goût sexuel des clients … 1 – Voyeur, c’est simple : un homme est dans un placard et il regarde un couple faire l’amour. 2 – Un mari dans le placard regarde sa femme faire l’amour avec une femme, un homme, un couple, deux hommes. 3 – Un mari couche avec sa femme et un autre homme. 4 – Madame et sa bonne ou son valet… ou les deux... Je n’ai plus d’idées, tout à coup… Je dessine un petit poisson sur mon papier, un merlan, je crois… —  C’est tout ? Ouch ! Je n’ai pas entendu entrer Florence ! Je lui dis : —  J’ai des idées, mais… —  Mais elles ne viennent pas. Va faire les chambres, si je trouve un cheveu qui traîne… tu referas la corvée pots de chambre.

Lizy - 39 Jojo.

Image
 Quand on se réveille le lendemain, je repense à René, le père de Florence qui a dit que j’étais « l’actrice principale », ainsi qu’à l’oncle et à la nièce qui m’ont fait beaucoup de compliments, eux aussi. Je dis à Maguy : — Je ne prends pas le pot de chambre, je vais parler avec... avec Florence. Elle répond : — Mauvaise idée. M’en fous ! Je toque et j’entre dans la chambre de Florence. Elle me dit : — Le pot est là. — Je viens justement pour ça ! Votre père a dit que j’étais l’actrice principale et… Elle me coupe : — Va demander à Madame Joséphine de te donner 10 coups sur les fesses avec Jojo. — Mais… — Pas 10, mais 15. Tu veux continuer ? — Nooon Mademoiselle, j’y vais tout de suite. J’ai les larmes aux yeux de… déception et… de trouille. Si je m’enfuis, qu’est-ce qui va m’arriver… Je rêve d’un riche client qui me prendrait comme maîtresse. À la rue, je serais à la merci des souteneurs et ce serait pire… J’arrive dans la cuisine et je fais une révérence à Madame Joséphine en disan

Lizy - 38 Le monde à l'envers.

Image
 Aujourd’hui, première représentation du « Monde à l’envers ». Fini de me mettre dans la peau du personnage, je vais certainement devoir répéter mon rôle… Florence aura écrit un petit texte. Maguy me dit : — Va à la cuisine. — Oui Mademoiselle. Je descends à la cuisine. Angèle allume le poêle pour faire du café. Je lui dis : — Bonjour mademoiselle, je commence à jouer ce soir alors pour les pots de chambre... — Tu es de corvée pots de chambre, c’est tout. — Mais… — Je te réchauffe les fesses avec Jojo ? — Non Mademoiselle, j’y vais tout de suite. — Bien, Maguy et moi, on aime trop voir une Comtesse nous obéir. Comtesse, c’était dans une autre vie ! Je vais chercher les pots de chambre. Quand je suis dans la chambre de Florence, je lui dis : — Bonjour Mademoiselle, comme je commence à jouer ce soir, je pensais que je ne devais plus… — Tu pensais mal.  Pfff... si j’ai du succès, elle sera quand même obligée de faire ce que je veux… euh… ou pas. La journée se passe comme celle d’hier : co