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Affichage des articles du juin, 2022

539 - 44 Bandits.

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 Le lendemain, on quitte le château. Je ne garde qu’un bon souvenir de cet endroit : le repas du soir. Pour le petit déjeuner on a reçu du pain, de la confiture et de l’eau. Quand on a fini, un soldat nous dit : — Corvée de feuillée les filles. Pppfff, fait chier ! Oui, c’est grossier, mais c’est le cas de le dire. On est à nouveau enchaînées et on va dans un bois loin du château comme le baron l'a ordonné. On n’a que trois pelles et on est enchaînées… De plus, le sol est plein de racines, c’est presque impossible de creuser dans ces conditions. L’officier s’en rend compte et nous dit : — Faites sur le sol, toutes ensemble. Oui… euh… vingt filles accroupies et qui poussent, il va se régaler le peintre. En ce qui concerne le Baron, c’est bien fait : on va souiller son blason, je veux dire sa forêt. L’idée me plaît. On « fait » toutes… sauf deux filles. Le garde va aussitôt « rapporter » à l’officier. Il revient avec un clystère… Le peintre et l’écrivain sont ravis. Deux rangées de f

538 - 43 Un château et des mouches.

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 Le peintre et l’écrivain sont au travail. Les soldats enlèvent nos colliers et nos chemises propres… Le Baron dit : — Les amis, on baise ces demoiselles, ensuite nous irons manger, puis on les re-baise. Rires de ces Messieurs. Vu leur moyenne d'âge, s’ils doivent nous baiser deux fois, il va y avoir des morts ! La pièce est éclairée par de nombreux chandeliers, il y a des canapés et des fauteuils. Le Baron poursuit : — Pour commencer, on boit une coupe de champagne, puis les filles nous feront un spectacle. Je ne retiens que les mots « coupe de champagne ». Des servantes viennent nous servir. Elles sont plutôt mignonnes dans le genre filles de la campagne aux joues rouges. Ils pourraient jouer avec elles, alors pourquoi nous ? Le Baron nous dit : — Même vous, vous avez droit à une coupe champagne. Oh mon Dieu, est-ce possible ? Quelle générosité : une coupe chacune. J’espère qu’il ne sera pas obligé de vendre son château. N’empêche, on boit « notre » coupe avec plaisir. C’est bon,

Lizy - 42 De ferme en ferme.

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Il n’y a pas de bougies dans la grange et il commence à faire vraiment sombre. Un soldat nous montre des seaux en disant : — Pisser dans les seaux, demain il y aura des feuillées… N’allez pas dehors, il y a des chiens. Ils sortent tous. Dès qu’ils sont partis, je vais près d’Ariane, je n’ose pas trop me coller à elle. Je lui dis : — Je ne suis pas fraîche, je peux venir près de toi ? — Mais oui. Tu te rends compte qu’un des types écrit notre histoire et l’autre nous dessine ? — Euh… oui, mais… tu crois que c’est une bonne chose ? — Oui, on ne sera pas maltraitées. Il faut qu’on reste jolies pour les dessins du peintre. — J’espère… Dis, tu crois qu’on pourra se laver ? Elle rit et répond : — Tu n’aimes pas mon odeur ? — Oh si, la tienne, oui… Mais moi, je transpire tellement... c’est si dur ce qu’on fait. — On ne pue pas si on ne se lave pas pendant deux ou trois jours. Et puis ce qu’on fait n’est pas si dur que ça. Si on devait faire 10 lieues par jour, là, on serait crevées. On sera l

Lizy - 41 On marche.

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 On retourne à Saint-Lazare. On gémit toutes, sauf Ariane et quelques autres filles dépourvues de… système nerveux. Il y a deux seaux remplis d’une pâte grisâtre. Une fille nous dit :  — Il faut en mettre sur les marques au fer rouge.  On s’aide toutes à le faire. Il y a une autre chef parmi les filles. Elles se connaissent, normal entre chefs. Ariane va lui présenter sa fesse, puisqu’elle a déjà la marque sur l’omoplate. Je suis derrière elle, quasiment son ombre, comme aurait dit Logre. La fille met de la pâte sur mes deux marques. D’abord ça « pique », puis ça soulage. Je dis à Ariane : — Sans toi, je serais déjà morte. Elle rit et elle me demande : — De peur ? — Ouiiiii ! S’il te plaît, je ferai tout ce que tu voudras, mais laisse-moi rester avec toi. — Mais oui, Lizy, tu seras ma femme de chambre. — Même ton esclave. Elle lève un peu les yeux au ciel, mais ça l’amuse… D’accord, j’ai peur et puis j’ai trop d’imagination et je crains toujours le pire… euh… ici pas besoin d’imaginer