38 - Des nymphes.

Après de nombreux et respectueux changements de bonnets, une servante en rouge et tirant un pousse-pousse, vient vers moi. Je ne sais pas où les baijins se situent dans la hiérarchie de cet endroit, mais prudemment, je la salue. Elle s'incline aussi, puis elle me donne un petit paquet enveloppé dans un linge blanc, une boîte de coca et une bouteille d'eau, en disant :
Tu peux manger.
Merci Mademoiselle.
Elle reprend son pousse-pousse et remonte le chemin des statues. Dans le linge, il y a deux petits pains fourrés à la viande et aux légumes. Je goûte, c'est bon, bien meilleur que le porridge du matin. J'avais vraiment faim. Après avoir fini de manger, je vide la boîte de coca et comme tout le monde, je fais un petit renvoi. Je m'excuse auprès des statues de Bouddha, j'ai pu me rendre compte de leur pouvoir.
Des touristes m'ont filmée pendant que je mangeais. Ce sont des maniaques du souvenir ! Je continue l'échange des bonnets. J'enlève même des déjections de pigeons sur certaines statues. Ceux-là, ils ont dû se faire flinguer en plein vol...
Quand j'ai remplacé tous les bonnets, un garde arrive. Un genre d'ordinateur central sait toujours où on trouve. Il me donne un gros paquet de sacs poubelles en plastique recyclable, en disant :
Tu vas ramasser tout ce qui pourrait se trouver autour des statues, vider les poubelles dans ces sacs et tu les ramèneras aux écuries.
Oui Monsieur...
Il me caresse les fesses, mais doucement, en demandant :
Ça va les fesses ?
Oui, merci Monsieur, je ne traînerai plus.
Il me sourit... Allez, il y a même des gardes pas trop méchants. Bon, je suis devenue... éboueuse ! Je ramasse ce qui traîne et je vide tout ce qu'il y a dans les poubelles... Sans traîner, j'ai retenu la leçon... J'arrive aux écuries en fin d'après-midi. Maintenant une petite sieste... ou alors je dois aider des filles à faire la lessive... Nadia vient voir si tout se passe bien. Elle prend son rôle de chef très au sérieux, il faut dire qu'elle avait déjà des dispositions.
Ensuite, tout se passe comme au château, y compris le repas... Je ne vais pas tout décrire. Ma compagne de lit n'est plus là, une autre la remplace ! Je m'allonge sur le mince matelas. La lumière s'éteint. Je suis épuisée, je m'endors immédiatement.
***
Deux jours se passent à faire des cornées diverses de 7 h du matin jusqu'à ce qu'il fasse noir... Enfin, cet après-midi, Nadia vient nous annoncer :
Vous allez vous laver.
Alors ça, c'est une bonne nouvelle. On a une odeur... sauvage. Il n'y a évidemment pas de salle de bains pour nous. La nôtre, c'est deux tuyaux d'arrosage dans la nature, derrière les écuries. On se lave l'une l'autre. L'eau est très froide mais je suis vraiment heureuse de me laver. Je me savonne soigneusement, puis une fille me rince. Je fais la même chose pour elle.


On a même du shampoing pour se laver les cheveux.
Nadia vérifie si on est propre : nous devons lever les bras et elle nous sent pour être sûre qu'on n’a plus une odeur de servante. Ensuite, on retourne dans les écuries. On doit se coucher sur des draps pour que des servantes, en kimonos rouges, nous épilent. On n'a pas touché à notre pilosité et certaines des filles ont une belle touffe sur la chatte, y compris moi. Si elles utilisaient des bandes de cire, on aurait des petites blessures et des poils qui poussent à l'intérieur, si, si, je vous assure. Elles emploient une sorte de pâte qu'elles appliquent partout où il y a des poils. Y compris au-dessus de la lèvre supérieure, pour certaines filles très brunes.. La pâte sèche et s'enlève facilement, mais pas sans douleur ! Encore une fabuleuse invention de l'équipe scientifique du Prince ! Quoiqu’à mon avis, ça existait déjà à l'époque romaine.
On se retrouve bientôt aussi lisse qu'un savon mouillé. C'est... indécent !
Ce n'est pas fini, les servantes nous coiffent : elles nous font une grosse tresse qui descend sur la nuque !
Enfin, cerise sur les gâteaux : elles nous mettent du parfum à base de jasmin, sur les aisselles, le pubis, les pieds. Pourquoi tout ça ? Je ne vois qu'une raison : on va nous dépuceler... J'ai envie de dire, enfin, car je déteste cet hymen. On doit se mettre sur un rang et Noria vient nous examiner, comme une marchande de chevaux vient regarder des pouliches avant d'en acheter une. Toutes les pouliches sont conformes au cahier des charges.
Dernière étape : les vêtements... Enfin, façon de parler, parce qu'on doit mettre de très courtes tuniques blanches sans manches et décolletées. Ce n'est pas tout, il y a encore une dernière touche, bien mièvre : une petite couronne de fleurs blanches sur la tête. Un beau petit troupeau de pucelles !!

Pour être plus précise, des pucelles dont on voit les seins tellement le haut de la tunique est échancré et les fesses pour peu qu'elles lèvent les bras.
Pour terminer, on met des sandales blanches. Voilà, en route pour le viol collectif ? Nadia nous dit :
Suivez-moi.
Puis, à mon intention :
Toi, tu viens à côté de moi, les autres, formez trois rangées de trois, derrière nous.
Enfin, elle se préoccupe un peu de moi... On descend la route vers le débarcadère. Il fait chaud, mais notre petite troupe sent le jasmin, c'est agréable. Je lui demande tout bas :
On va être dépucelée, Mademoiselle ?
Non.
Bon... Quand on s'approche de la mer, les visiteurs sont plus nombreux et ils nous filment ou nous photographient. Il y en a un qui demande à Nadia :
C'est pour un tournage de film ?
Non, pour accueillir des visiteurs.
On arrive dans le petit port. Là, on doit attendre un bon quart d'heure, toujours filmées et photographiées par les visiteurs. Le bac qui fait la navette depuis l'île d'Okinawa arrive. À ce moment, le Prince et ses Thaïs sortent d'une petite maison basse qui se trouve à côté du débarcadère. Ils viennent d'où ? Peut-être d'un ascenseur dans la montagne, c'est le genre de chose que le Prince est capable de faire construire. Dès qu'ils approchent, on se plie en deux... Quand on se relève, il fait signe à Nadia et il lui dit, non, lui murmure :
C'est toi qui t'es occupée des baijins ?
Oui Altesse.
C'est bien
Merci beaucoup Altesse.
Un compliment du Prince, ben ça ! Elle va avoir la grosse tête, Nadia.
Le bateau est tout près et là, je reconnais un passager : Mr W. Instantanément, j'ai une boule ventre. À côté de lui, il y a une jolie blonde d'une vingtaine d'années, ainsi qu’un couple et des gardes.
Les passagers débarquent. Derrière le dingue et sa starlette, il y a un grand et mince Japonais d'environ 35 ans, accompagné par une grande et belle Asiatique vêtue d'une robe fendue haut sur la hanche. Un garde murmure :
Yakuza...
Enfin, il y a deux autres gardes et une servante black en uniforme noir qui porte deux lourdes valises.
Le Prince les accueille chaleureusement. Je traduis ce qu'il murmure :
Très heureux de vous revoir chers amis.
Mr W. parle fort, lui. Il répond :
Ravi de vous revoir... A propos, vous ne connaissez pas ma fille Lily.
Il lui serre chaleureusement la main avec une formule de politesse inaudible.
Ensuite il dit un peu plus fort au yakuza :
Cher Ryoji, vous êtes le bienvenu et vous aussi, chère Anne.
Là, je la reconnais et je me souviens de son nom : ce n'est pas Anne, mais An Lin, une star chinoise. Elle lui dit :
Bravo pour votre nouvelle acquisition, cette île est superbe
Les Thaïs viennent les embrasser, ils se connaissent tous vraiment bien. Mr W. demande :
Vous vous souvenez de ma femme ? En fait, vous ne pouvez pas la reconnaître, car figurez-vous que cette pute m'a trompé avec notre chauffeur. Vous imaginez ? Puisqu'elle aime les domestiques, je l'ai rétrogradée, d'épouse blanche à servante noire. Lizzie, aux pieds !
La servante noire arrive avec ses valises. Il dit :
Je lui ai fait un peu foncer la peau... Même beaucoup... Et puis on a légèrement raccourci son nez, ce qui la rajeunit. C'est tout, rien d'illégal !
Il éclate de rire, les Thaïs ont un petit rire... flûté et même le Prince et le yakuza sourient. Mr W. continue :
Je peux vous la laisser un mois ?
— ...........
Je traduis "Oui, avec plaisir cher ami".
C'est la durée de sa punition, vous serez gentil de la traiter durement... Dans un mois, elle retrouvera sa couleur d'origine et redeviendra Élisabeth Spencer Harris. En attendant, c'est la servante Lizzie !
Un des Thaïs lui demande :
Voulez-vous qu'on la mette aux pousse-pousse ? Elle baladera les visiteurs et il y a même un fouet.
Excellente idée, j'ai assez vu son gros cul ! Je vais jeter un coup d'œil à ces baijins.
Après nous avoir examinées avec sa fille, il s’exclame :
Voilà une belle bande de petites pucelles !
Il y a bien sûr des visiteurs autour de nous. Mr W. leur crie :
Vous voulez les voir à poils, les petites pucelles ?
OUUUUIIIIII !
Il se tourne vers le Prince qui fait oui de la tête. Mr W. nous dit :
Vous avez entendu... buurrppp.... (un rot) : Vox populi, vox dei !
Voilà qu'il rote et qu'il parle latin ! Nadia nous dit :
Enlevez toutes vos tuniques.
On obéit tout de suite. Nous sommes au milieu de gens habillés aussi nues que le genou d'un nouveau-né. Les visiteurs l'acclament. Il lève les bras, ravi. Le Prince murmure et on se dirige tous vers les hangars où se trouvent les pousse-pousse. Est-ce qu'on va devoir jouer les baijins de trait ? Ah non, il y a des femmes vêtues de kimonos jaunes, cette fois-ci ! Mr W. et sa fille, le yakuza Ryoji et An, sa belle compagne, vont s'asseoir dans un pousse-pousse. Le Prince leur dit :
— ......
Traduction : "On vous rejoint."
Ils se dirigent vers la petite maison avec les Thaïs.
Mr W. crie :
Je veux voir ces petites putes vierges... gambader devant moi !
Pute et vierge, ça ne va pas ensemble, horrible bonhomme ! Il gueule :
Et remuez bien vos petits culs... sinon, vous serez fouettées !
A suivre.

Un grand merci à Bruce Morgan, pour les super dessins.

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