Lizy - 12 - Adieu les Indes.


Une semaine se passe… Le jour du mariage approche. Mon père ne pourra pas faire autrement que me rendre mes privilèges pour que j’assiste à son mariage… enfin, c’est ce que j’imagine. Les servantes travaillent plus que jamais, surtout la servante Lizy. Je suis sous les ordres de toutes les servantes.  Ce matin Divya dit :
— Qui n’a pas encore eu Lizy ?
Une petite boulotte qui vient d’être engagée par « Madame » Shrimati lève la main en disant :
— Moi, Madame.
— Tu es nouvelle, Padmini… Tu as bien compris qu’il fallait la surveiller et la faire travailler ?
— Oui Madame.
— Elle est à toi et ce soir tu peux dormir dans une chambre. Le mariage est pour bientôt, il ne faut pas qu’elle essaie à nouveau de s’échapper. Tu la surveilles bien et tu peux la punir, mais pas de fouet. 
Je fais les corvées, sous la direction ma nouvelle maîtresse… Je pars bientôt pour un assez long voyage, pour rentrer en Angleterre où ce sera moi la Maîtresse, enfin... Je ne suis pas forte en géographie et je ne sais pas combien de miles nous déparent de l’Angleterre, je pense que ce sera un voyage de trois ou quatre semaines et puis à moi la liberté, l’argent, le pouvoir. En attendant je me fais bien voir de Padmini. Elle aime les compliments et je lui en fais beaucoup.  C’est vrai qu’elle est appétissante pour une petite boulotte. Elle me dit :
— Tu es contente de dormir avec moi Lizy ?
— Oh oui Mademoiselle, je vous trouve très jolie et je vous ferai plaisir du mieux que je peux.
Elle sourit… et je passe une journée pas trop dure… enfin, pour la servante Lizy pas pour la Comtesse Elisabeth Woodhall. 
Je nettoie les  pots de chambres, les couloirs, je fais le service à table. Le soir, je termine en léchant la chatte de ma nouvelle maîtresse. Elle est ravie et on dort dans les bras l’une de l’autre. Après-demain, c’est le mariage. Je prie le Seigneur pourvu que Madame Streng soit là et que je puisse quitter ce pays de fous.
***
On se lève Padmini et moi… elle me fait encore embrasser ses fesses moelleuses… et on va à la cuisine… 
Je prépare le petit déjeuner… Je mange un peu, puis je mets mon uniforme pour servir à table. Quand tout est prêt, j’attends les maîtres… Il s’agit de Shrimati, le Pasteur, un couple d’ami et un autre couple et, enfin, Madame Streng. Elle est accompagnée d’un homme d’une quarantaine d’années. Je fais beaucoup de révérences mais personnes ne fait attention à moi… Une servante est invisible Jusqu’à ce que… au milieu du repas, Shrimati ne dise : 
— Vous n’avez pas reconnu Lizy, Madame Streng ?
Non, elle était trop occupée de discuter avec son nouvel amoureux Elle se met à rire et répond :
— C’est vrai que je l’avais oubliée, celle là… Et puis, les servantes on ne les regarde pas… Je n’ai pas trop envie de l’avoir tout le temps de le pattes… Il faudrait lui trouver quelque chose à faire sur le bateau… mousse, par exemple. Elle a le cul qu’il faut pour faire un mousse.
Ça fait rire tout le monde. Shrimati répond :
— Je m’en suis chargée. La vie de mousse ce sera bon pour elle. Ça va finir de la dresser. Je me suis arrangée avec le capitaine, elle rejoindra les servantes.
Normalement, je ne peux pas parler, mais je lui dis :
— Je serai servante, pendant les trois ou quatre semaines, Madame ? 
Là tout le monde me regarde comme si j’étais l’idiote du village. L'amoureux de Madame Streng dit :
— Elle plaisante ou elle est vraiment stupide ?
Il me regarde et ajoute :
— C’est quoi ton nom ?
— Lizy, Monsieur.
— Eh bien Lizy, le voyage de Madras à Londres c’est minimum six mois.
Trop marrant ! Euh... non, je ne crois pas… six mois ? C’est pas possible… Je me mets à pleurer mais bien, à chaudes larmes comme on dit. Madame Streng dit :
— Je suis contente de ne pas avoir cette pleurnicheuse sur le dos, pendant le voyage. Ça m’énerve  quand elle pleure pour un rien.
Elle crie :
— Lizy ici à genoux les mains derrière le dos !
Tout en pleurant je vais m’agenouiller et elle me donne une gifle qui claque sur ma joue gauche, puis le revers de sa main s’abat sur ma joue droite. Je crie, mais j’arrête de pleurer. 
Six mois à être la femme de chambre de cette folle, je préfère encore faire le mousse… Madame Streng dit :
— Si tu continues ces simagrées on t’attache derrière la voiture
J’arrête de pleurer ! Elle se tourne vers Shrimati et change de sujet : 
— Désolée de ne pas assister à votre mariage, mais le seul bateau qui va en Angleterre part aujourd’hui.
— Je sais, pas de problème.
— Vous avez tout ce qui concerne Lizy ?
— Oui je remettrai le coffret au comte.
Ça me concerne, mais je m’en fous… On part aujourd’hui ? D’accord ! Je serai mousse ou servante ou amiral ? Je m’en fous… en Angleterre, je serai vraiment Comtesse et… 
— Alors, tu viens ?
Madame Streng est debout elle a salué tout le monde. Je la suis, personne ne fait attention à moi. Un carrosse nous attend, je suis en uniforme de servante et je monte donc à côté du cocher…. C’est le cocher de mon salaud de père. Je dis salaud, parce qu’il ne m’a même pas dit au revoir trop occupé à couver Shrimati du regard.  J’ai déjà sucé la bite du cocher dans la cuisine… ça crée des liens. Il est plutôt gentil. Il fait claquer son fouet, les chevaux avancent. Il me dit :
— Tu es triste de quitter les Indes ?
— Oh, non, mais ce sont les mois de voyage qui me font peur. Il paraît que je serai mousse ou servante.
Là le cocher éclate de rire… Il me dit :
— Jamais une femme ne sera mousse… Tu seras une des servantes.
— Pour nettoyer le bateau, vous croyez.
Il rit à nouveau… 
— Mais non, petite sotte, ce sont des jeunes gens qui sont mousses et qui s’occupent de ça. Je ne vois qu’un travail pour toi tu seras en cuisine et comme tu es très jolie, tu serviras les officiers et les passagers.
Je me blottis contre lui en disant :
— Vous êtes gentil…
— T’en fais pas… Madame Streng te conduira à ton mari qui t'accueillera les bras ouverts. 
— Que le Seigneur, Shiva et tous les Dieux vous entendent Monsieur.
On arrive au port et le cocher s’arrête devant un grand navire . L’Union Flag flotte en haut du mat. C’est un navire Britannique. Des hommes chargent des marchandises. Le cocher descend et aide Madame Streng et son amoureux à descendre. Le cocher leur souhaite bon voyage, et il me murmure :
— Tout ira bien
— Merci beaucoup.
Madame Streng  me désigne deux grosses valises du doigt… Toujours aussi sympa ! Je suis le couple vers un petit groupe de personnes qui attendent. L’ami de Madame Streng en connaît plusieurs. Il présente Madame Streng. J’entends qu’il s’appelle Howard… Je suis en uniforme de servante donc personne ne fait attention à moi jusqu’à ce que Madame me dise :
— Ne dépose ces valises par terre, souillon ! Tu cherches à les salir.
— Non, pardon Madame.
— Le sol  est sale, porte ces valises.  
Elle s’adresse aux gens qui regarde la scène, en disant:
— Même quand elles sont Anglaises, les servantes sont paresseuses.
Une grosse Anglaise répond :
— Je suis tout à fait de votre avis, chère Madame, moi, à la moindre bêtise je les fait fouetter, c’est la seule façon d’avoir du personnel un peu stylé. 
Madame Streng a trouvé une sale bourgeoise ayant les même goûts qu’elle. J’avoue que moi aussi j’aimais ce spectacle… Je n’écoute pas ce qu’elles disent, je transpire en portant les deux lourdes valises. Enfin,  on arrive devant un sous-officier qui tient un grand registre. Madame Streng lui dit :
— Monsieur et Madame Stephson.
— Bienvenue, Monsieur et Madame. Cette demoiselle c’est votre femme de chambre ?
— Oui bien sûr.
— Hélas Madame, vous n’avez pas des chambres en première classe. Elle ne peut pas vous accompagner.
Elle devait s’en douter, car elle répond :
— On m’a dit qu’on pourrait la faire travailler sur le bateau comme servante.
— Je pense que oui… Laissez la moi, je vais voir. Ah, oui je vois que c’est déjà arrangé avec le Capitaine.
Il me regarde et ajoute :
— Suis-moi, petite.
— Oui, Monsieur.
Mr Stephson me prend les grosses valises et Madame Streng me dit :
— Obéis et travaille bien on se reverra à Londres.
Je suis le sous officier dans de longs couloirs. Il me dit :
— Tu regrettes ta maîtresse ?
— Oh non, pas du tout Monsieur, mais j’ai peur de ce qui va arriver.
— Jolie comme tu es, tu seras une servante des premières classes.
— C’est gentil de me dire ça Monsieur. On ne fouette pas les servantes, ici ?
Il rit et répond :
— Mais, non… J’ai déjà vu des servantes maladroites ou insolentes qui recevaient une fessée, mais c’est tout. On va aller voir l’officier d’intendance… C’est ici :
 Le marin toque et puis entre et salue les hommes qui sont là. On attend, jusqu’à ce qu’un officier me remarque et dit :
— C’est quoi cette servante ?
— Une demoiselle Shrimati se serait arrangeée avec une officier pour mettre sa servante à votre disposition, mon lieutenant.
Celui que je pense être le Capitaine me regarde et dit :
— Tu sais servir à table ?
— Oh oui Monsieur, mettre le couvert, servir….
— Bien… On doit quand même vérifier que tu n’es pas une terroriste et que tu n’as pas une arme sur toi. Déshabille toi…

À suivre.

Un grand merci à Bruce Morgan, pour le super dessin.

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