52 - La petite salle à manger.

Les filles me regardent… elles savent que je mens. Elles râlent sans doute parce que je ne veux pas goûter le fugu, sommet de la gastronomie japonaise, soi-disant. Le patron répond :
— Il y a une petite salle à manger pour les enfants où ils peuvent manger des hamburgers… y compris végétarien.
Kawaai ne me laisse pas le temps de répondre, elle dit :
— Parfait pour elle… On pourra manger et discuter entre adultes. Allez Cécile, va manger avec les petits.
— Mais…
Personne ne prend ma défense, alors je me lève. Le patron dit à une serveuse :
— Conduis cette fille dans la petite salle à manger, elle a peur du fugu.
Je la suis… Je voulais manger des bonnes choses et pas un poisson potentiellement mortel ni un hamburger en buvant du lait ou un soda. Dans la petite salle à manger, il y a quelques petites tables. Plusieurs enfants mangent, d’autres jouent. La serveuse dit aux enfants :
— Cette petite demoiselle va prendre son repas avec vous.
Puis à moi :
— Tu veux un hamburger, c’est ça ?
Elle ne me tutoie pas en japonais, mais c’est comme si elle le faisait. Je réponds :
— Je ne peux pas avoir autre chose ?
— Non… Hamburger, frites, cola.
Je m’assieds sur une petite chaise… J’en ai marre, je fais tout ce je peux et voilà comment on me traite. Bien sûr, je me mets à pleurer. Pour ça, je suis douée. Une petite de 8 ou 9 ans essaie de me consoler :
— Ne pleure pas, ils sont bons, les hamburgers.
— Oui… mais… je n’ai pas envie de fugu alors on m’envoie ici… et…
Un garçon du même âge me demande :
— Je t’ai vu sur un site… tu es une Virgin Idol, non ? La servante ?
— Ouiiii… sniff…
— Je t’ai vue sur VideoJet. Tu chantes très bien et ta patronne est méchante avec toi.
— Ouiii....
Un des jeunes a une tablette et il met une de nos vidéos. Les enfants viennent tous voir. La fille qui m’a parlé la première me dit :
— Tu es la plus belle, c’est pour ça que les autres te font la misère.
— Oui… merci…
Ces enfants sont gentils. Un garçon me dit :
— Chante-nous une chanson...
D’accord, c’est complètement surréaliste comme situation… mais… il y a longtemps que je ne m’étonne plus de ce qui arrive dans ce monde parallèle de dingues. Ne voulant pas leur chanter « Like a virgin », je leur demande :
— Une chanson en français ?
— Oui… oui…
Alors, facétie de l’univers parallèle, c’est une très vieille chanson qui me vient en tête. Je chante :
« Aux marches du palais,
Y a une tant belle fille, lon la,
Elle a tant d'amoureux,
Qu'elle ne sait lequel prendre, lon la... »
J’interprète la chanson jusqu’à la fin, ils me regardent bouche bée… et quand je termine, ils applaudissent tous. Ils me remercient et viennent m’embrasser. Je veux chanter pour les enfants !
Quand je chante seule, je me rends compte que ma voix est vraiment belle. Sa pureté donne des frissons. Les enfants me regardent totalement sous le charme de ma voix et pourtant, des enfants, ça aime bouger et faire les guignols. En 2035, tous les enfants ont un téléphone, souvent fixé à leur poignet. Donc, ils me photographient et font des selfies avec moi. Un petit garçon grimpe sur mes genoux. Une fille me dit :
— Encore une chanson, Cécile, steuplééé !
Elle a même vu mon nom sur un site... Alors, ne riez pas, j’enchaîne avec :
« À la claire fontaine,
M’en allant promener... »
Quand je termine, nouveaux applaudissements, ils sont tous ravis. Une petite fille me dit :
— Tu as la voix d’un ange.
Je l’embrasse avant de lui répondre :
— Tu es très gentille, je suis si contente d’avoir chanté pour vous.
Ils ont presque tous filmé mon interprétation.
La serveuse qui m’a amenée ici, m'apporte une salade composée en disant :
— Tu as vraiment une très jolie voix… Tiens, mange ça, c’est mieux qu’un hamburger.
— Merci beaucoup, Mademoiselle.
Je dis aux enfants :
— J’ai très faim, je vais manger.
Ils m’entourent tous en me posant encore des questions. Entre deux bouchées, je réponds. Ils sont vraiment gentils… eux. La serveuse m’apporte un verre de vin blanc. Ça me fait réellement plaisir. Pourvu que je ne paie pas ces bons moments d’une façon ou d’une autre. Plusieurs enfants me disent qu’ils vont me suivre et demander à leurs parents d’assister à un concert. Ils me demandent aussi comment me joindre. Je leur explique :
— Virgin Idols, sur les réseaux sociaux, et si c’est adressé à Cécile, je vous répondrai. Promis.
Kawaii arrive dans la petite salle à manger en disant :
— Alors, tu t’es fait des nouveaux amis ?
— Oui Mademoiselle.
— Bien, dis-leur poliment bonsoir et rejoins-nous dans le restaurant. Ah, Cécile…
— Oui Mademoiselle.
— Essuie ta bouche, tu as mangé salement !
Elle retourne dans le restaurant. Un des jeunes garçons me fait remarquer :
— Elle te parle comme si tu étais aussi un enfant.
Je hausse les épaules et réponds :
— Oui… ils auraient voulu que je mange du fugu... mais je suis très contente d’avoir passé la soirée avec vous. Ce sera mon meilleur souvenir depuis des mois.
Et c’est vrai. Ils viennent tous m’embrasser. Je rejoins les autres à contrecœur. Kawaii me demande :
— Tu sais qu’ils font les hamburgers avec les restes de fugu ?
Ils rigolent tous. Mitsuko ajoute :
— Tu vois qu’on est encore vivants… ou alors, on est des fantômes, hoouuuu !
Putain, qu’elles sont bêtes ! On sort du restaurant pour aller vers le centre en marchant. Personne ne se préoccupe de me dire où on va… Est-ce qu'elles me traitent comme ça parce qu’elles veulent que je sois vraiment dans le rôle ou parce qu’elles sont jalouses de mon petit succès ? Justement, des jeunes nous reconnaissent. Enfin, surtout moi. Bien fait pour elles. Ouch ! Je crois que les enfants ont déteint sur moi. On se retrouve devant un très grand établissement. Nam-ji dit quelques mots à un des costauds qui filtrent les entrées et ils s’inclinent en nous laissant passer. C’est à croire que tout Tokyo appartient au Prince. Nam-ji me dit :
— Ne t’éloigne pas trop.
Kawaai lui demande :
— Il y a pas une pièce avec des enfants et des livres à colorier pour Cécile ?
Rires. Mitsuko ajoute :
— Ou une pièce avec des petits lits et des biberons.
Morts de rire ! Là, ils commencent vraiment à… me faire chier. Sorry, j’essaie toujours de ne pas être vulgaire... Je ne veux pas rester avec eux. Je demande à Nam-ji :
— Est-ce que je peux danser, Monsieur ?
— Oui.
C’est au tour de Lian d’en remettre une couche en disant :
— Tu peux aller danser et chanter :
« La lune se lève, se lève,
Grosse et ronde, grosse et ronde, ronde, ronde,
La lune comme une assiette se lèvera bientôt. »
C’est une chanson enfantine japonaise. Je rejoins les danseurs, tandis qu’ils se moquent de moi.
Une jolie Japonaise vêtue d’un jean déchiré et d’un tee-shirt AC/DC, un vieux groupe de hard rock, vient danser devant moi en disant :
— Je m’appelle Fumi et je te trouve trop belle.



On doit se rapprocher fort l’une de l’autre pour se comprendre. Elle sent bon la fille qui a eu très chaud. Si Nam-ji la renifle, il tombe raide mort ! Moi, j’aime ça et je le lui dis :
— Toi aussi tu es belle et tu sens bon.
Aussitôt, elle se colle à moi et m’embrasse. Un garçon qui lui ressemble lui explique :
— C’est Sisille, la servante des Virgin Idols.
Puis à moi :
— J’adore ton personnage... tu chantes trop bien et tu es la plus belle.
— Merci, c’est très gentil… Les autres sont dures avec moi.
— Elles sont jalouses.
— Oui... je crois… Vous êtes ensemble ?
Fumi répond :
— Non, c’est mon frère Hideto.
Elle rit et ajoute :
— Mais aussi mon petit ami.
J’adore l’idée. Ils sont beaux et sympas. Le garçon se colle à mon dos… Je suis entre la sœur et le frère, comme une tranche de jambon entre ses deux demi-sandwichs. Les seins de la fille se pressent contre les miens tandis que la barre dure du sexe de son frère s’est logée entre mes fesses. Drôlement dégourdis, le frère et la sœur punk. On danse un peu, on se frotte surtout. D’autres couples font la même chose. Je me sens bien, ma chatte assoupie se réveille et s'humidifie… Là, je vois. Nam-ji se diriger vers nous. Oh putain ! Qu’est-ce que j’ai fait de mal ? Malgré sa décoloration et ses petites lunettes colorées, on le sent… dangereux. Il leur dit :
— Vous formez un très joli trio avec Cécile, venez à notre table, j’ai quelque chose à vous proposer.
La table est vide parce que les trois autres filles dansent. On s’assied et Nam-ji dit aux jeunes :
— On a besoin de photos et de vidéos. Si vous en faites avec elle et si vous signez une autorisation de diffusion, vous aurez cinq cents dollars chacun.
Les jeunes se regardent et ils disent presque ensemble :
— D’accord !
Le téléphone au poignet de Nam-ji se met à biper. Il écoute, puis dit aux jeunes :
— Mille dollars si vous passez la nuit avec elle.
Fumi répond :
— On est d’accord, mon frère et moi.
Là, il est surpris, Nam-ji. Son poignet bipe à nouveau. Il écoute et leur dit :
— Mille cinq cents si vous… On va parler de ça entre nous. Cécile, va pisser.
Ah non, il s’agit de moi et eux et…
— Cinq... quatre...
Il ne va quand même pas me fesser ici ? À trois, je me lève très vite pour partir à la recherche des toilettes. Sale type ! Et lui qui disait que je sens la chèvre... Je voudrais qu’il mette son nez dans l’aisselle de Fumi, qui sent trop bon si on aime les femmes !! Je finis par trouver les toilettes. Il y a beaucoup de filles, toutes des Japonaises. L’une d’elles me demande :
— Tu serais pas la servante des Virgin Idools ?
— Si…
— Trop cool… j’adore ton look et ta façon de chanter.

À suivre.

Merci à Bruce Morgan pour le super dessin.

Nos livres sont ici :

https://www.lamusardine.com/recherche?s=mia+michael&controller=search







Commentaires



  1. Salut Mia, que deviens ton autre blog sur BDSMLR je n’arrive plus à le trouver.
    Mon blog c’est :

    https://bdsm-female-prison.blogspot.com/?m=0

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    1. https://bdsm-female-prison.blogspot.com/

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    2. Bonsoir, en principe il est toujours là... bisous ,mia

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