Lizy - 8 - La lessive.

 Divya me dit  :
— Tends les bras.
Je le fais et elle balance un gros paquet de draps sur mes avant-bras. Ensuite elle met tout une série de chemises de corps en s’arrangeant pour que je les aie jusqu’à hauteur de mon visage. Ça me fait faire une grimace parce que j’ai l’odeur de la sueur de Shrimati juste sous le nez. Elle me demande :
— Ses chemises ont vraiment besoin d’être lavées, non ?
— Oui… Mademoiselle.
— Alors je t’explique… on va aller dans la cuisine et tu demanderas à Madame Streng si elle veut bien faire chauffer de l’eau sur la cuisinière.
Je sais pourquoi elle le fait durer ! Ça la fait mouiller de me voir bras tendus avec ce lourd paquet de vêtements et la sale odeur des aisselles de mon ennemie sous les narines. Divya poursuit :
— Si elle est d’accord, tu iras chercher de l’eau au puits. Ensuite…
La seule façon pour qu’elle arrête, c’est m’humilier une fois de plus, mais je m’en fous puisque dans quatre jours, je voguerai vers l’Angleterre. Je lui dis :
— Mademoiselle, je vous en prie… C’est trop lourd pour moi. Je ferai ce que vous voudrez, mais si vous pouviez en prendre une partie...
— Oh que j’aime la nouvelle Élisabeth. Bien... dépose ton paquet de linge sur le lit. Ensuite, mets-toi à genoux devant moi.
Quatre jours ! Je lui obéis. Elle se retourne, soulève son sari et je me retrouve nez à… nez avec son derrière. Elle me dit :
— Embrasse mon cul jusqu’à ce que je te dise d’arrêter.
Alors Élisabeth, tu es Comtesse et tu vas embrasser le cul d’une servante ? Sa voix claque :
— Qu’est-ce que tu attends ??
J’embrasse ses fesses, mais ça ne lui suffit pas :
— Avec passion !!
D’accord, je ferme les yeux et je couvre son derrière de baisers passionnés. Il y a pire : le fouet de Madame Streng. Et puis, ça me renforce dans mon projet… Elle dit :
— Tu fais ça très bien, petite, tu es née pour embrasser des culs.
N’importe quoi ! Et pourtant, je lui réponds docilement :
— Merci Mademoiselle.
Elle laisse retomber son sari, prend une partie des vêtements et on va à la cuisine. Madame Streng lui dit :
— Tu en as mis du temps !
— Elle était prête à tout pour que je l’aide, alors j’en ai un peu profité...
Madame et les servantes sont tout ouïe. Divya leur explique :
— J’ai soulevé mon sari et je lui ai fait embrasser mes fesses.
Là, il y a un lourd silence. Puis Madame Streng lui demande :
— C’est vrai ? Tu as réellement fait ça ?
— Oui Madame, elle avait même l’air d’aimer.
Sale menteuse ! Là, Madame Streng éclate de rire. Toutes les servantes rient aussi. Quand elles sont calmées, Madame Streng dit à Divya :
— J’adore l’idée que tu as eu les lèvres d’une comtesse sur ton cul… C’est bien, tu la fais obéir, continue comme ça.  
Divya claque des doigts, puis elle me dit :
— Fini de t’amuser, je vais t’apprendre à faire une lessive.
Elle a raison, ce n’est pas amusant du tout. Pour commencer, elle m'avertit de ce qui va se passer : 
— Tu seras sans doute trempée à la fin…
Elle va chercher un sari qui se trouve sur un tas de linges sales. Il pue encore plus que les chemises de cette folle furieuse de Shrimati. J’enlève ma robe et ma chemise. C’est la première fois que je suis complètement nue dans la cuisine, devant toutes les servantes. Divya me prend par une main et lève mon bras pour me faire tourner sur moi-même, en disant aux autres :
— Comment vous trouvez ma nouvelle servante ?
Éclat de rire général. Madame Streng lui répond :
— Arrête de jouer Divya, sinon elle n’aura jamais fini et je serai encore obligée de la punir.
Nouveaux rires... Oh ! Qu’elles trouvent ça amusant !
Sous les ordres de Divya, je vais chercher de l’eau dans le puits. Même à l’extérieur, je suis dérangée par l’odeur de sueur, dont les saris sont imprégnés. Rapidement, on se met à transpirer aussi : remplir des seaux, en amener à la cuisine, remplir deux bassines à l’extérieur... Divya s’est assise et elle me donne des ordres… Je ne pense plus « il ne reste que quatre jours » parce que ce sera beaucoup moins ! Je frotte des taches avec la pâte brunâtre qu’elle m’a donnée. Je lave les draps en les frottant sur une planche ondulée. Divya somnole… Après avoir tout lavé, je vais pendre ma lessive avec des pinces à linge. Je vois que le soleil est de plus en plus bas sur l'horizon. Je dois absolument être à l’heure au repas du soir : ça fait partie de mon plan. Je dis à Divya :
— J’ai fini Mademoiselle.
— Non. Il faut encore prendre de l’eau au puits et laver soigneusement les bassines.
— Mademoiselle… je dois encore me laver et me changer, ça me fera arriver en retard… Je vous en prie !
— Si tu es prête à me suivre dans la cuisine à quatre pattes, tu ne devras pas le faire.
Il y a des limites ! Ou pas ? Non, il n’y en a pas, puisque dans quelques heures, je serai loin. Je me mets à quatre pattes. Divya est ravie. Elle se lève et vient me caresser la tête en disant :
— Mais qu’est-ce que tu fais là, petite chienne ? Tu es perdue ?
Morte de honte, je fais :
— Wouf, wouf !
Elle rit et se dirige vers la cuisine, moi derrière elle. Non, pas morte de honte, je m’en fous aussi puisque dans quelques heures… En arrivant dans la pièce, elle dit :
— Madame Streng, regardez la petite chienne que j’ai trouvée dans le jardin !
Ouhh… tout le monde rit. Elle ajoute :
— Va te montrer à la Maîtresse, si tu espères pouvoir aller dans ta niche.
Je veux me relever, mais Madame Streng me dit :
— Reste à quatre pattes !
Je vais près d’elle... elle tend la main et… je la lèche. 


Elle me dit :
— Ça va, tu es une petite chienne bien élevée, je te permets de t’en aller.
À quatre pattes, je sors de la cuisine, puis je vais dans ma chambre sur deux pattes. Ils ont envoyé Sabati travailler ailleurs dans le domaine, mais heureusement, j’ai un broc avec de l’eau. Je me lave du mieux que je peux, puis je m’habille et je descends. Je n’ai que quelques minutes de retard. Shrimati me dit :
— Alors, la lessive, ça te plaît ?
— C’est dur, Mademoiselle.
— Oui, travailler, c’est dur.
Qu’est-ce que tu en sais, toi ?? Je parle un minimum. À la fin du repas, je lui demande la permission d’aller dans ma chambre. Elle a un petit geste, comme pour chasser une mouche. Je salue tout le monde et je monte. Quand il n’y a plus un bruit dans la maison, je m’habille et je mets un manteau. Sous mes vêtements, j’ai mon sac avec les bijoux et les pièces en or. J’allume une bougie et je descends dans le bureau de mon père. Je prends la clef de son coffre pour l’ouvrir. J’ajoute une dizaine de pièces en or à celles qui sont déjà dans ma bourse. 
Je sors de la maison pour aller aux écuries. Les chevaux reconnaissent mon odeur, ils ne hennissent pas. Je vais parler à une jument que je monte souvent. Je lui mets un mors et des rênes, puis je prends un petit tabouret pour grimper sur son dos. Je la monte à cru, c’est-à-dire sans selle. C’est mon habitude depuis que j’ai sept ou huit ans… Je la dirige dans le jardin de la propriété, jusqu’à une mince ouverture qui permet d’aller sur la route. Je lui dis :
— Hue ma belle !
On galope vers la liberté… Parce qu’il y a des limites à ce que je peux supporter. Je vais aller dans un grand port et là, je prendrai un bateau pour l’Angleterre. J’irai à l’hôtel, puis au château de mon mari.
Les Indes et même mon père et sa mégère moricaude, c’est fini pour moi. On arrive au port. Un croissant de lune éclaire les bateaux… Je vais me blottir dans un coin et je dois m’endormir… Je suis réveillée parce que mon nez chatouille. Oh ! Ce sont des enfants qui me chatouillent avec une paille. Je mets la main sur mon ventre. Mon sac est toujours là. Je me lève… Les enfants me regardent comme si j’étais… un fantôme. Bon, maintenant, il faut que je trouve un bateau. Je me dirige vers un groupe de pêcheurs pour leur demander:
— Bonjour, je cherche un bateau qui quitte le port ce matin.
Ils comprennent l’anglais, heureusement. Un des hommes me désigne un navire du doigt en disant :
— Celui-là.
— Merci beaucoup.
Je croise des marins étrangers. L'un d'eux me demande :
— Tu veux t’amuser avec nous, ma jolie ?
— Non, je dois rejoindre mon mari qui est sur ce bateau.
Je me dirige vers un grand bateau de pêche. Je monte par la passerelle et je demande à un Indien :
— Le Capitaine, s'il vous plaît.
— Suivez-moi.
On va dans la cabine de pilotage. Le Capitaine me regarde arriver, surpris. Il faut dire que sous mon manteau, je n’ai qu’une robe légère. Je lui dis :
— Pardon de vous déranger, mais je dois absolument quitter Madras aujourd’hui. Je vous paierai.
— Tu es une putain ?
J’improvise :
— Oui et j’ai assommé un client qui était saoul et qui me menaçait avec un couteau.
— Un Anglais ?
— Oui Monsieur, un soldat anglais. Je lui ai cassé une bouteille sur la tête et j’ai peur qu’il me cherche pour se venger.
Bien sûr, je ne vais pas lui montrer ma bourse. J’ai retiré 5 monnaies et j’ouvre la main en disant :
— Je vous donnerai ces 5 pièces en or, pour que vous me déposiez le plus loin possible de Madras.
Il regarde les pièces qui brillent dans ma main et dit :
— D’accord… On appareille dans une demi-heure. En attendant, suis-moi.
On descend un escalier et on prend un couloir. Il ouvre une porte en disant :
— Cache-toi ici, je viendrai te chercher dès qu’on sera en mer. 
— Merci beaucoup.

À suivre.

Un grand merci à Bruce Morgan, pour le super dessin.

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